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Onzième vendredi de contestation contre le pouvoir en Algérie

Un mois après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens se sont mobilisés pour un 11e vendredi consécutif. Les manifestants entendent toujours obtenir le départ de l'ensemble du "système" mis en place par l'ex-chef de l'État.

Un mois après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens se sont mobilisés pour un 11e vendredi consécutif. Les manifestants entendent toujours obtenir le départ de l’ensemble du « système » mis en place par l’ex-chef de l’État.

Les Algériens défilaient vendredi 3 mai, pour un 11e vendredi d’affilée de manifestations contre le pouvoir, le dernier avant le mois de jeûne musulman du ramadan, pour réclamer la mise en place d’institutions de transition ad hoc pour gérer l’après Abdelaziz Bouteflika.

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Khaled Drareni@khaleddrareni

غنية تسوى ألف خطاب
Les hymnes populaires qui valent mille discours

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Dans la capitale, les manifestants se sont retrouvés sous la pluie devant la Grande Poste d’Alger, devenue leur point de ralliement symbolique. Oran, Annaba, Constantine, Béjaia,Tizi-Ouzou : tout le pays était une nouvelle fois concerné par les marches hébdomadaires en Algérie. À Mostaganem, ce sont les femmes qui ont pris la tête du cortège. À Bordj Bou Arreridj, dans l’est du pays, après u,n déjeuner collectif, d’immenses foules ont une nouvelle fois marché contre le pouvoir.

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Khaled Drareni@khaleddrareni

مشهد عن المتظاهرين في مدينة شرق
Images impressionnantes des manifestations à Bordj Bouareridj Est de l’Algérie

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Selon l’agence de presse officielle, APS, aucun incident n’a été signalé lors des défilés recensés dans au moins 39 des 48 régions du pays.

Un mois après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, poussé au départ le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée après 20 ans au pouvoir, le mouvement de contestation ne faiblit pas.

Les manifestants entendent toujours obtenir le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir et refusent que l’appareil hérité du président déchu, suspecté d’avoir truqué les scrutins depuis deux décennies, gère la transition et organise la présidentielle devant élire son successeur.

« On marchera jusqu’à ce que toute la bande des hommes à ‘Boutef’ parte », a affirmé Hamid Benmouhoub, commerçant de 55 ans, venu de Jijel, à 350 km d’Alger. « Nous refusons ce système. Il faut qu’il parte. Ce gouvernement ne peut pas assurer la transition », a martelé Amine, 22 ans, étudiant à Tizi Ouzou. Il a passé la nuit chez des amis pour éviter les barrages filtrants mis en place chaque vendredi aux entrées d’Alger.

En tête des personnalités visées par les manifestants, les « 2 B », le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalahet le Premier ministre, Noureddine Bedoui, deux anciens cadres dévoués du régime Bouteflika, extrêmement discrets depuis des semaines.

Le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, soutien indéféctible à Abdelaziz Bouteflika depuis 15 ans, a été particulièrement visé vendredi par les slogans hostiles.

>> À lire : « Je t’aime, moi non plus » : les discours de Gaïd Salah peinent à convaincre les Algériens

D’abord perçu comme un allié par une partie de la contestation, son appui réitéré au processus de transition dans un cadre constitutionnel, dont l’organisation d’une présidentielle le 4 juillet, lui vaut désormais l’inimité de nombreux manifestants. « L’armée est la nôtre, Gaïd nous a trahis », pouvait-on lire sur des pancartes. D’autres manifestants, à Alger ou à Annaba ont appelé Gaïd Salah à « dégager ».

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Zahra Rahmouni@ZahraaRhm

« Makench intikhabet yal 3issabet » (Oh les gangs, il n’y aura pas d’élections).

Les manifestants refusent la présidentielle prévue pour le 4 juillet prochain.

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« Gagner du temps »

Le général a appelé la contestation au « dialogue avec les institutions de l’État », martelant le refus de l’armée de « s’écarter de la voie constitutionnelle » : une nouvelle fin de non-recevoir aux revendications des manifestants.

« Le dialogue ne peut pas se faire avec les symboles du système en place, qui détiennent le pouvoir », a réagi Abdelouahab Fersaoui, président du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), ONG citoyenne, dans un entretien au site d’information TSA (Tout sur l’Algérie).

« On ne peut pas entamer un dialogue avec un Bensalah ni avec un Bedoui ni avec les personnes qui ont été responsables de la situation actuelle », a-t-il estimé. Le pouvoir continue « à manœuvrer et à gagner du temps » et « n’a donné aucun signe de bonne volonté pour répondre aux revendications claires et légitimes » du mouvement.

« On ne va rien lâcher »

Aucune partie ne semble prête à céder et certains observateurs pensent que le pouvoir mise sur un essoufflement de la mobilisation inédite déclenchée le 22 février, durant le mois de ramadan qui commence dans les prochains jours. Un mois de jeûne et de privation, durant lequel les Algériens se couchent souvent tard et au fur et à mesure duquel la fatigue se fait de plus en plus sentir.

Zahra Rahmouni@ZahraaRhm

Des habitants du centre descendent des plats de couscous/mesfouf pour les manifestants.

Il s’agit du dernier vendredi de protestation avant le début du ramadan. Intéressant de voir comment va s’organiser la mobilisation durant le prochain mois.

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« On continuera à marcher durant le ramadan pour exiger une période de transition avec des personnes propres, on ne va rien lâcher », assurait, comme de nombreux autres manifestants, Zakia Benabdrahmane, 56 ans, arrivée à Alger avec son époux de Boumerdes, à environ 40 km à l’est de la capitale.

Pour pallier la fatigue, la faim et la soif de la journée, la plupart des manifestants proposent de déplacer pendant le ramadan les marches le soir, après la rupture du jeûne.

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