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Une enquête de l’ONU avance des « preuves crédibles » liant le prince saoudien au meurtre de Khashoggi

Une experte des droits de l’Homme de l’ONU a annoncé mercredi avoir des preuves de l’implication de Mohammed ben Salmane et d’autres hauts responsables saoudiens dans le meurtre de Jamal Khashoggi. L’Arabie saoudite a rejeté ces accusations.

Selon une rapporteure spéciale des Nations unies, il existe des « preuves crédibles » pour ouvrir une enquête sur la responsabilité de hauts responsables saoudiens, notamment le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Elle estime que l’Arabie saoudite est responsable de son « exécution ». Riyad a rejeté ces accusations, soulignant les « contradictions évidentes » du rapport, qualifié d' »allégations sans fondements ».

Après avoir elle-même enquêté pendant six mois sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, la rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a indiqué dans un rapport avoir « déterminé qu’il existe des éléments de preuve crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle des hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier ».

Au terme de six mois d’enquête, Agnès Callamard, qui comme tous les autres experts indépendants de l’ONU ne parle pas au nom des Nations unies, indique que « M. Khashoggi a été la victime d’une exécution délibérée, préméditée, d’une exécution extrajudiciaire dont l’État d’Arabie saoudite est responsable en regard du droit international lié aux droits de l’Homme ».

L’analyse de notre correspondante Catherine Fiankan-Bokonga à Genève

Appel à « ouvrir une enquête pénale »

Elle a mis en garde contre « l’importance disproportionnée accordée à l’identification de l’auteur du crime », soulignant que la justice ne doit pas uniquement établir la responsabilité de l’auteur physique du crime. Une enquête judiciaire « vise également, sinon principalement, à identifier les personnes qui, dans le contexte de la perpétration d’une violation, ont abusé des responsabilités de leur poste d’autorité ou ne les ont pas remplies », fait-elle valoir dans son rapport.

Agnès Callamard appelle le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à « ouvrir une enquête pénale de suivi sur l’assassinat de M. Khashoggi afin de constituer des dossiers solides sur chacun des auteurs présumés ». Le chef des Nations unies « devrait lui-même être en mesure d’ouvrir une enquête pénale internationale de suivi sans qu’un État n’ait à intervenir », ajoute-t-elle.

Éxilé aux États-Unis, où il écrivait régulièrement pour le Washington Post, le journaliste a été vu pour la dernière fois le 2 octobre dernier alors qu’il pénétrait au consulat général d’Arabie saoudite à Istanbul. Après avoir dans un premier temps nié le meurtre, Riyad avait avancé plusieurs versions contradictoires et soutient désormais que Jamal Khashoggi a été tué lors d’une opération non autorisée par le pouvoir.

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